EXPOSITION

Fibres croisées : Vannerie mexicaine contemporaine

Du 19 janvier au 29 mars

 

  

   

La vannerie, c'est la diversité végétale transposée en culture matérielle, écrivait Bignia Kuoni en 1981 dans son livre Cestería tradicional ibérica. Toutefois, aujourd’hui au Mexique c’est aussi un témoignage de la résilience technique des paysans, des artisans et des créateurs après une ère industrielle internationale.

La mini-exposition “Fibres croisées : Vannerie mexicaine contemporaine” montre la diversité de formes et motifs existants de vannerie dans le Mexique actuel. Dans le panorama des fibres tissées on rencontre tant des objets utilitaires que décoratifs et des jouets. Sur la base d’une tradition millénaire et d’une forte demande, les artisans mexicains continuent à innover de nos jours, élaborant avec des fibres naturelles et synthétiques une grande variété de paniers, sacs, chapeaux, éventails et des représentations autant anthropomorphes que zoomorphes. L’exposition a été réalisée grâce à la complicité du professeur Serge Bahuchet, directeur du laboratoire d’éco-anthropologie du Musée de l’Homme de Paris. 

La vannerie, diversité et typologie

La diversité des vanneries du monde est infinie. Cependant, seules quelques techniques sont à la base de toutes les vanneries : des montants sur lesquels s’entrecroisent des brins, souples comme rigides, définissent des types que l’on retrouve dans toutes les régions du monde. Ils permettent au spécialiste de décrire et de classer les objets. Comment les brins (mobiles) fixent les montants (passifs), comment ceux-ci sont disposés, permet de distinguer les vanneries « nattées » (brins et montants ne se distinguent pas), « liées » (un montant unique roulé en spirale, chaque spire « liée » à la précédente), ou « cordées », si les brins se tordent autour des montants. En combinant les paramètres d’orientation des brins ou du nombre de couches superposées, on obtient une classification plus subtile et beaucoup plus complexe, à la mesure de la diversité des vanneries du monde ! 

 

Les collections éco-anthropologiques du Musée de l’Homme

Au cours de leurs recherches sur le terrain dans de nombreuses régions du monde, les éco-anthropologues du Musée de l’Homme ont collecté plus de 5000 objets contemporains, durant ce demi-siècle. Ces objets, outils et ustensiles témoignent des relations des sociétés tant rurales qu’urbaines avec le milieu naturel et la biodiversité, à travers la chasse, la pêche, la collecte, l’agriculture, l’élevage et l’alimentation. Dans cet ensemble, la vannerie est un domaine privilégié, qui mobilise une grande variété d’espèces naturelles mais aussi des matières artificielles, métalliques ou plastiques.

Les vanneries exposées ici ont toutes été collectées entre 2009 et 2018. Toutes nos collections sont à usage de recherche, d’enseignement et de valorisation muséographique.

Liste des collecteurs : Arturo Argueta Villamar, Françoise Aubaile-Sallenave, Serge Bahuchet, Anouck Bessy, Emilia F. Guerrero, Johanna Larco-Laurent, Pauline Rameau et Nathalie Allain.

Diversité biogéographique et culturelle du Mexique

Le Mexique est un pays à la très forte biodiversité, aux multiples écosystèmes. Du 16e au 38e degré Nord, de la forêt dense humide à la steppe désertique, il est traversé du sud au nord par les chaînes de montagnes de la Sierra Madre, culminant à 4500 mètres et offre des centaines d’espèces végétales aux mains des vanniers. Ce sont notamment des plantes de la famille des palmiers, des roseaux, des agaves, des graminées, dont on utilise des fibres tirées des tiges, des feuilles ou des écorces. Ajoutons que près de 70 communautés autochtones, chacune avec sa langue propre, vivent sur ce territoire.

Corbeilles, nattes, chapeaux ou paniers, les vanneries sont encore actuellement omniprésentes dans toutes les régions du Mexique, tant pour les travaux des champs, dans les cuisines, sur les marchés, dans les rues entre les mains des marchands ambulants, pour orner les intérieurs ou pour être rapportées en souvenir de voyage !

 

Serge Bahuchet et Ingrid Arriaga, Paris, 2021.

 

 

 

Photographies : Nathalie Idalie, Pauline Rameau, Ingrid Arriaga.

Remerciments spéciaux : Sarngsan No Soontorn, ENSCI - Les Ateliers.

 

 

Pour en savoir plus sur le laboratoire d’éco-anthropologie : https://www.ecoanthropologie.fr/fr

Sur la collection riz : https://www.ecoanthropologie.fr/fr/dossiers-de-collections-etb-8906

Sur la collection maïs : https://www.ecoanthropologie.fr/fr/dossiers-de-collections-etb-8907