EXPOSITION

 

Edgardo Navarro : Passerelles

Prolongée jusqu'au 14 août 2020 

 

 

 

 

Les toiles d’Edgardo Navarro s’offrent à nous comme des portes d’accès à des univers parallèles. Chaque élément est susceptible d’être une clé du mystère. Horizons, lentilles de verre, miroirs, fenêtres, cactus, tissages et regards absents sont autant de sentiers à emprunter au sein de cet itinéraire. Dans un ballet kaléidoscopique, les mots de l’illustre physicien Stephen Hawking semblent se confirmer : “L’univers n’a pas une seule histoire, mais une multitude d’histoires possibles”.

Ainsi, face au syndrome contemporain du naufrage, Edgardo Navarro balise un  territoire au moyen de ses images. Au détour de tracés longuement médités, il établit des structures fragiles, mais attachantes et chargées de matière. Les couches de peinture se voilent d’ombre et de transparence, s’adaptant au caprice du récit, dont l’avenir dépendra du point ou de la fuite que le spectateur choisira.

A notre insu, les images incisives s’impriment subtilement dans notre esprit, et nous endossons le rôle des personnages, occupant des espaces étrangement familiers. La figuration, si évidente dans l’œuvre du peintre, est présentée cryptée. Ses images entrent en dialogue avec la perspective de la Renaissance, la morphologie flamande, la lumière symboliste, la force du muralisme mexicain et le côté ludique de la géométrie. Cependant, malgré le transfert d’imaginaires, le temps ne semble pas s’arrêter sur une époque précise. Navarro encapsule dans ses toiles des instants de doute. Ces questionnements irrémédiablement humanistes rappellent l’instabilité de nos réalités et l’oscillation des identités.

Devant l’ego de la connaissance, la couardise de l’oubli et le poids du linéaire de l’histoire, le peintre mexicain propose des images dont l’architecture aspire à être de nature iconoclaste, s’éloignant du pittoresque folklorique. Edgardo Navarro construit des passerelles, des ponts, qui témoignent d’une recherche technique ardue, laissant à la vue de l’œil acéré la beauté de la duplicité et de la faille.

 

Ingrid Arriaga

 

 

 

  

 

 

 

 

 

En savoir plus sur l’artiste :

 

Portrait réalisé par l'atelier A Arte – ADAGP

 

Site officiel d’Edgardo Navarro