EXPOSITION 

 

Le premier qui rira : Mauricio Limón de León

Une proposition curatoriale de Marco Calderón

 

3 septembre 2020 - 29 octobre 2020

 

 

Comprendre les lieux comme quelque chose que l’on vit et que l’on expérimente, retracer leur transformation au fil du temps, révéler des visions multiples et des rêves partagés… les sentiers empruntés par Mauricio Limón de León témoignent de sa fascination pour les relations humaines, celle-là même qui l’a amené à se lier au quartier d’Iztapalapa, situé à l’est de Mexico.


Fort de rencontres fortuites avec certains habitants de cet espace urbain aux limites floues, Mauricio a réussi à établir une relation de confiance qui a donné naissance à un projet de longue haleine mêlant le jeu, le rire, l’astuce, le hasard et le risque. Entre humour et ironie, le parcours autour duquel s'articulent peintures, photographies, vidéos, magazines et dessins produits entre Mexico et Paris donnent à voir la créativité inépuisable de ses complices. Dans son travail, il capture un ensemble d’expériences révélant l’univers social, économique et psychologique de cette enclave bouleversée.


Des personnages tels que “Flama”, “Doris”, “El Borrego” et “El Schuster” parlent d’une réalité citadine mexicaine accablante, tout en nous renvoyant à des concentrations urbaines géographiquement opposées. Comme dans un jeu de miroirs, les regards des personnages se croisent et nous interpellent. Sans nécessairement le vouloir, leurs visions se complètent et questionnent la société. Et si le langage iconoclaste de Mauricio peut faire écho aux pratiques ethnographiques, il se distingue nettement non par l'étude de l'autre, mais par l'exploration artistique et la sensibilité qui lui permettent d'établir des liens étroits.


Mauricio Limón de León expose une mise en abyme de la mégalopole mexicaine : des êtres marqués par la violence apparaissent et réapparaissent dans un même paysage qui varie et s’affine grâce aux traits, aux couleurs, aux gestes et aux différentes textures. Sur cette cartographie physique et sociale complexe, les corps et les espaces semblent s'user sous nos yeux.


Marco Calderón
Paris, 2020